AUBERT, Brigitte "SCENES DE CRIME" T Magnier nouvelles 11-13ans ***
Voici un recueil déconcertant. Une collection interessante, qui nous présente ici une thématique traitée à travers différents genres : humour, policier, SF... Une nouvelle remarquable : "L'antre" nous proposant une version moderne de nos contes classiques où les enfants se font réellement dévorer. Horrible à souhait. "Tueur en série" nous bluffe, en nous décrivant un chat sous l'identité d'un sérial killer. Avec "Quinze partout", nous atteignons l'horreur jusque là rarement égalé : deux frères passant pour des anges s'avèrent être des assassins. Malheureusement, malgré l'originalité, le talent, il manque l'essentiel : une écriture. Ce qui rend cette dernière nouvelle fade sans parler du ridicule d'autres.

BAGDASARIAN, Adam "AVEC LA LANGUE" T.Magnier nouvelles 11-13ans
L'évocation de l'enfance, de deux frères. Les petits riens qui ont marqué : le premier oiseau tué, le premier baiser, le départ du grand-frère. Des nouvelles parfois très courtes, certaines en plusieurs "volets", avec des introductions. Une belle écriture intimiste. Mais peu captivant pour des jeunes lecteurs... pour quels lecteurs?

COLIN, Fabrice "MEMORY PARK" Mango (autres mondes) 11/13ans **
Pavel se souvient : les russes étaient la cible d'une grande épuration ethnique. Quelques années plus tard, le nouveau gouvernement de Poldavie a bien décidé d'effacer cette tragédie de la mémoire de ceux qui l'ont vécue, ave un lavage de cerveau et de nouveaux souvenirs. Mais grâce à ses proches, Pavel évite de justesse cette opération. Il a la possibilité de fuir mais il est bien décidé à trouevr la preuve de ce massacre... Sujet très interessant même si peu original. Malheureusement, si le récit reste une bonne lecture, il s'évère assez compliqué notament avec les allés-retours dans le passé, cette hésitation entre l'action et la réflexion, le super-héros et la victime.

GANDOLFI, Silvana "LE BAUME DU DRAGON" Panama 11/13ans *****
Andrew Stone est un londonien âgé de 55ans. Sa femme Déborah ne cesse de lui répéter qu'ils arrivent à vivre grâce à l'entreprise de son beau-père -vente de XC essentiellement- et qu'il n'est qu'un bon à rien. Pourtant Andrew est consentieux, apprend vite, et suis des cours sur internet. Il maîtrise ainsi des arts martiaux et la langue népalaise. En voyage au Népal, en sortant de l'hôtel, il est intrigué par un vieil homme maigre, sale et très pauvre. C'est un sadhu : il médite. Celui-ci lui demande de porter un petit pot de crème à sa petite fille. C'est une excellente occasion de se libérer un peu de sa femme. Mais la petite fille est une kumari : la petite déesse vivante la plus importante du Népal, donc inaccessible. Goûtant à la crème, celle-ci se révèle très bonne et il la mange. Mais depuis ce jour, il ne cesse de rajeunir d'un an par jour. Heureux au départ, cela devient vite problématique d'autant que le vieil homme est mort. Il n'a d'autre possibilité que d'atteindre la kumari et la convaincre de l'aider... Cet homme, vendeur de lunettes de WC et cette enfant dénuée d'émotions ont beaucoup de charisme. Au delà ce tout ce que peut apporter ce récit -philosophie, sagesse, aventure,...- ceux sont les détails comme ceux liés au rajeunissement qui sont étonnants. Une très belle écritue, accessible.

IBBOTSON, Eva "BIENVENUE A GRIFFSTONE" A Michel (Wiz) 9/11ans *****
Madlyn et son jeune frère sont envoyés chez un oncle qu'ils ne connaissent pas car leurs parents ont une opportunité professionnelle aux Etats-Unis. Il se trouve que l'oncle est assez rustre, qu'il vit dans un vieux château en Ecosse et héberge un cousin d'une timidité maladive et un homme étrange qui ne quitte jamais la bibliothèque : c'est un fantôme. Les enfants sont rapidement acceptés car ils sont discrets et aident les rares visiteurs. Malheureusement, un homme véreux qui a construit non loin de là un château, lui vole son public et donc ses ressources dont il a besoin pour faire vivre un troupeau de vaches qu'il affectionne plus que tout. Les enfants vont l'aider en faisant intervenir ce qui peut attirer les visiteurs : de vrais fantômes! Lecture originale : suspense et humour.

LINDROTH, Malin "QUAND LES TRAINS PASSENT..." Actes sud junior (d'une seule voix) 14-16ans *****
La fille laide et bête, le souffre douleur idéal. C'est un jeu qui commence : lui faire croire qu'un garçon du lycée est amoureux d'elle. Puis ce sont les paris : est-ce que ce garçon sera capable de la toucher, l'embrasser... oui, car elle est persuadée qu'il s'agit d'un grand amour. Tout dérape et cela termine en tournante : elle est violée par quatre garçons, sous les yeux de la narratrice qui, dès le départ comprend que les choses vont mal tourner. Mais elle ne peut rien faire. Pire, elle est furieuse car lorsque son petit copain s'amuse à être l'amoureux, c'est elle qui se retrouve seule. Un texte court, violent dont la force et l'originalité tien du point de vue de la narratrice.
MANNING, Sarra "GUITAR GIRL" Pocket 11/12 ***
Molly et ses copines décident de créer un groupe de rock. Celui-ci va rapidement connaître le succès avec l'intrusion de deux garçons dont le meneur que la jeune ne supporte pas bien qu'elle en soit amoureuse. Mais c'est aussi l'arrivée de Paul, un homme d'affaires... Un roman sans la moindre originalité, plein de caricatures mais qui a le mérite d'être plausible et de ne pas être trop superficiel. Il ne s'agit pas vraiment de musique ici mais plus de Molly et de ses interrogations sur la vie, sur le monde adulte...

MOLLA, Jean "LA REVANCHE DE L'OMBRE ROUGE" T Magnier (nouvelles) **
Le genre fantastique décliné ici : dans un centre aéré, un enfant prétend que des gens bizarres enlèvent les enfants ; un élève doué en dessin fait disparaitre tout ce qu'il dessine... Lecture facile, frissons et suspense : un auteur très régulier dans son écriture. Peut-être que l'on aurai aimé avoir des écritures et des trames différentes. Ces nouvelles se ressemblent beaucoup mais plasent aux jeunes lecteurs.
OLLIVIER, Michael "TOUT DOIT DISPARAITRE" T Magnier 11-14ans **
Hugo est en classe de troisième à Béthune. Lui et sa jeune soeur n'ont pas trop de difficultés, leurs parents étant enseignants. Mais ces derniers rêvent de s'offrir une belle maison. Ils décident de partir à Mayotte pour quatre ans pour être mieux payés. C'est un choc. Hugo est le seul blanc, tous les enseignants sont blancs. Les mahorais ne parlent le français qu'à l'école et ont plus de difficultés. Au delà du décalage culturel, c'est le niveau de vie qui le surprend. Hugo se rend compte que les jeunes mahorais se débrouillent seuls, que l'île paradisiaque accueille de nombreux clandestins et que la précarité est présnte. Ici, on se moque du paraitre, des marques et de l'inutle. Il a du mal à s'intégrer et déplore les codes de la petite société nantie des expatriés. Pire, ses parents deviennent de plus en plus odieux et racistes. Il essaye de trouver sa voie avec une française mariée à un mahorais. Avant de partir, il découvre l'amour. Mais de retour en France, il se sent étranger. Il est choqué par la société de consommation et se révolte. Un beau récit intelligent mais si la première partie -à Mayotte- est passionante, la seconde est plus convenue : moins de relief, c'est plus une critique de la société déclinée sous toutes ses formes avec de heureux hasards et un happy end.

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